CYCLOTOURISME AU  VIETNAM

   Il y a maintenant plus de dix ans que le Vietnam s’est ouvert au tourisme international, et les Occidentaux qui n’y ont pas été ont souvent des idées préconçues à son sujet. Parfois ces idées sont à l’opposé de la réalité. Un bon exemple de ceci serait l’attitude des Vietnamiens envers les Occidentaux. Même si ils ne partagent pas tous la même opinion, vous vous sentirez le bienvenu dans ce pays. En fait, peu de pays m’ont réservé un accueil aussi chaleureux.

Il y a une ambiance au Vietnam. Les Occidentaux ont tendance à considérer le Vietnam comme une guerre, mais elle est terminée depuis 1975. Ce qui veut dire que bien des gens qui y habitent ne l’ont pas connue personnellement, simplement parce qu’ils n’étaient pas encore nés, quoiqu’ils ont malheureusement été confrontés aux conséquences de cette guerre. Mais un retrait des relations internationales, à l’exception de l’Union Soviétique et des pays du bloc communiste, a rendu le peuple vietnamien avide de contacts avec l’étranger.

Ajoutez à cela une très forte relation avec la tradition, illustrée par la présence de la religion bouddhiste et de la philosophie confucéenne, et vous avez une population très spontanée qui considère la vie non comme un mal nécessaire, mais plutôt comme une occasion de plaisir et de rédemption.

Mais qu’est-ce que tout ça veut dire pour un occidental en vélo au Vietnam? Vous verrez rarement un pays où les contacts avec les gens sont si faciles. Pas parce qu’ils veulent nécessairement vous vendre quelque chose, ou même vous voler. Mais plutôt pour une variété de raisons plus ou moins prévisibles, comme par exemple pratiquer l’anglais que certains d’entre eux apprennent comme langue seconde. Évidemment les habitants des grosses villes seront un peu plus blasés face aux étrangers (et peut-être en général aussi…), mais en général, vous aurez de nombreuses occasions de rencontrer des gens très différents de vous, et aussi de rester très spontané vous-même tout en ayant beaucoup de plaisir. Ça vous surprendra peut-être, mais pour moi le Vietnam est d’abord et avant tout une affaire de plaisir, un pays où l’on peut s’amuser en toute simplicité. Et pas seulement avec mes jeux préférés, mais aussi en partageant avec de parfaits inconnus qui ne se retirent pas dans leur bulle. En fait, vous réaliserez peut-être que vous ne vous appartenez plus dès que vous sortez de votre chambre d’hôtel. Les Vietnamiens ont tendance à tout faire en groupe, petits ou grands, et ils semblent attendre la même disponibilité de notre part. Ce qui vous donnera des journées ponctuées de rencontres de toutes sortes, des plans qui dérapent (si vous acceptez qu’ils dérapent), et beaucoup de sourires. Je me fais un point d’honneur de cultiver une attitude enjouée lorsque j’y suis, prenant plaisir dans le fait que je n’ai pas besoin d’avoir été présenté à quelqu’un pour partager avec lui une bonne rigolade.

Nous organisons un voyage cyclotouriste au Vietnam pour février 2004. Ce sera mon cinquième voyage là-bas (en fait, je me suis marié à Hué) et je vais personnellement planifier le trajet, en plus d’accompagner le groupe en vélo. J’ai roulé à la campagne et dans les villes de Hanoi, Hué, Danang, et Hoi An, et aussi un peu dans la ville de Ho Chi Minh City (Saigon). En tant que cycliste, vous ne serez pas marginal au Vietnam (le fait d’être occidental suffira pour cela). Sur la route vous verrez beaucoup de véhicules à deux roues, petites motos de 50 ou 100 cc, ainsi que des vélos d’origine principalement chinoise ou vietnamienne. Le reste sera principalement composé de camions et d’autobus, quoiqu’on peut rencontrer également quelques voitures personnelles. Sans compter les rickshaws (appelés ici cyclos) dans les villes, les buffles et les tracteurs à la campagne.

Vous apporterez votre propre vélo là-bas, puisque ce qui est disponible sur place est peu attrayant. Le voyage consistera en une courte escale à Hanoi suivie d’un voyage en vélo du centre du pays (Hué) jusqu’au sud (Saigon). Nous irons de ville en ville en une série de randonnées d’à peu près 80 km par jour qui seront toutes effectuées sur terrain plat, à l’exception de deux journées côteuses qui pimenteront le parcours. J’ai choisi la direction en fonction des vents dominants qui nous pousseront du nord au sud. Ceux qui préfèrent éviter le défi des côtes ou de la circulation urbaine pourront monter dans le car d’accompagnement qui servira aussi à transporter les bagages ou à dépanner quiconque pourrait en avoir besoin. De plus, ceux qui sont habitués à des défis plus ambitieux n’ont rien à craindre, car le Vietnam est un endroit intéressant à explorer seul ou avec des amis si vous souhaitez augmenter votre kilométrage quotidien.

Le prix du voyage est très compétitif et inclus le vol, les repas et les hôtels. Les cyclistes pourront rouler en groupe, petits ou grands, ou seul s’ils le souhaitent. L’aspect de navigation sera facile, puisque le trajet consistera essentiellement à suivre la route nationale no.1 presque tout le temps. Les pneus de vélo de course comme les 700x20 ou 23 ne sont pas recommandés car les routes sont dans un état qui varie et qui est représentatif de ce que l’on trouve dans plusieurs pays d’Asie, quoique la route no. 1 est parmi ce qu’on trouve de mieux au Vietnam. À l’opposé, les gros pneus agressifs de vélo de montagne (vtt) seront excessifs car ils vous ralentiront inutilement. Si vous voulez emmener un vélo de montagne, mettez-lui plutôt des pneus de 26x1.25 ou 1.5 qui seront plus roulants tout en fournissant un contact suffisant avec la route.

Une variété d’activités optionnelles ont été ajoutées dans le but de varier les expériences que vous rapporterez de votre séjour. Et n’oubliez pas votre costume de bain puisque la mer sera rarement très loin. Les plages seront un agréable divertissement pour ceux d’entre nous qui apprécient cela. Les fruits de mer font partie de la vie au Vietnam et ils sont frais et variés. La plupart d’entre vous avez eu des contacts avec la cuisine vietnamienne alors vous savez que le riz et les nouilles constituent la base des repas, accompagnés d’une variété de viandes ou même de mets végétariens. Les fruits sont facilement disponibles et vont de la banane ou l’orange à des fruits plus exotiques dont la saveur est plus facile à se rappeler que le nom.

En février, seuls Hanoi et Hué pourraient nous donner une température pluvieuse et fraîche si nous sommes malchanceux. Fraîche veut dire entre 12 et 17 degrés Celsius. Mais après avoir traversé le Col des Nuages entre Hué et Danang au début du voyage, nous n’aurons que peu de pluie et la température variera entre 22 et 32 degrés Celsius, en se réchauffant à mesure que nous nous rapprocherons de Saigon.

Le coût de la vie est remarquablement bas au Vietnam. En général, seules les marchandises importées sont à peu près au même prix qu’en Occident, c’est pourquoi c’est un très bon endroit pour faire des emplettes, en biens comme en services. Les salaires sont très bas comparativement à l’Occident, et les pourboires ne font pas partie des habitudes, quoique les gens qui travaillent dans l’industrie touristique, comme votre chauffeur d’autocar, sont habitués de recevoir un petit pourboire à la fin du voyage.

Le voyage que nous organisons durera trois semaines. Greg Lemond, qui a gagné le Tour de France trois fois, s’est rendu au Vietnam à la fin des années quatre-vingt-dix et a dit que lorsqu’il a regardé par le hublot de l’avion en quittant le pays, il avait l’impression de quitter une amoureuse. Alors ne soyez pas surpris si vous avez envie d’y retourner au moins une fois. C’est un pays comme ça.

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